vendredi 2 décembre 2016

Bilan Novembre 2016



Lectures :

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Acquisitions :



Emprunts :
 


Coup(s) de cœur :

aucun !

Découverte(s) :



Déception(s) :

aucune, olé !

Lecture(s) avortée(s) :

non plus !

Question(s) Existentielle(s) :

http://leden-des-reves.blogspot.fr/2016/11/la-question-existentielle-de-cha-n25.html



Une Chanson pour Ada (Barbara Mutch)

Ada naît dans les années 1930 à Cradock House, demeure de la famille Harrington. Fille illégitime de la domestique noire, elle grandit aux côtés des deux enfants du couple. Elle ne va pas à l'école, mais Cathleen Harrington, la maîtresse de maison, lui apprend à lire. Remarquant son intérêt pour la musique, cette dernière entreprend de lui enseigner le piano, en dépit des réserves de son entourage. Ada a beau s'avérer une élève assidue et une pianiste très douée, ses perspectives d'avenir semblent cependant bien limitées dans un pays où la situation entre Blancs et Noirs se durcit de plus en plus. L'année de ses dix-huit ans, alors que la politique de l'apartheid est mise en place sur l'ensemble du territoire, Ada est violée par Mr Harrington. Enceinte, elle se réfugie chez sa tante, dans un township. Son talent pour la musique et l'amitié qu'elle partage avec Mrs Harrington vont se révéler ses meilleurs alliés dans un monde où, mère d'une enfant métisse, elle n'a nulle part sa place.

Bon, avant que je ne sois encore plus en retard dans mes chroniques, il est temps de me pencher sur une jolie découverte !

Une chanson pour Ada est l’histoire d’Ada (on s’en doutera), une enfant née à Cradock House, en Afrique du Sud. Avec sa mère, elles servent les maîtres de la maison, qui les considèrent pourtant en majorité comme des membres de la famille. Pour autant, la différence entre Noirs et Blancs est déjà là, et même si Ada veut croire de toutes ses forces que cela n’aura pas d’impact dans ses relations avec eux, elle se rendra compte au fil des années qu’il en est tout autrement… Mais l’amour, l’amitié et l’espoir sont permis. Alors que l’apartheid prend corps, c’est l’histoire d’une fillette, puis femme, qui aime intensément la musique et ses proches, que nous allons découvrir.

Volontairement, mon résumé en dit beaucoup moins que la quatrième de couverture. La raison en est simple : je me suis spoilée toute seule l’histoire en relisant ces mots, alors que j’avais dépassé les 100 pages dans le roman. Un résumé qui en dit plus qu’après ce stade en dit trop pour moi, même si l’histoire d’Ada est en effet bien plus complexe que cela. Bref.

Le roman m’avait intriguée par sa belle couverture et par la promesse de la découverte d’un pays que je ne connais que très peu. L’Afrique du Sud est une contrée dont j’ai entendu parler un peu en cours, un peu grâce à Nelson Mandela, comme beaucoup d’entre nous. Sinon, c’est un peu le vide, et comme je suis curieuse, j’ai voulu essayer. Grand bien m’en a pris, parce que ce bouquin est une perle, avec une histoire peu évidente mais très entraînante à sa manière !

Lorsque le récit commence, Ada est toute jeune, et comme c’est elle la narratrice, les phrases sont simples, les incompréhensions parfois nombreuses, et cela évolue au fil des pages. On remarque toujours que cette enfant est un peu… inconsciente, quelque part, et c’est normal : c’est le manque d’éducation qui se fait sentir. Pour autant, Ada a une grande connaissance du cœur, et elle est très observatrice, très humble… c’est un personnage d’une grande richesse et d’une grande humanité que l’on apprécie beaucoup de suivre.

On se lie vite avec tout l’entourage de notre héroïne : Madame Harrington, Mr Phil, la mère d’Ada, Lindiwe quand elle survient… beaucoup évoluent autour d’elle, en fonction de ses périodes de sa vie. Attention, tous n’attirent pas forcément notre sympathie, comme Monsieur Harrington, toujours distant, ou Miss Rose. J’ai eu du mal avec la tante d’Ada, aussi. La mosaïque des caractères présentée est très riche et très variée, exactement comme les fresques humaines que nous formons tous les jours, avec cependant des contextes radicalement différents.

L’histoire d’Ada est compliquée : elle mêle un désir d’appartenance fort avec des gens qui n’ont pas la même couleur de peau, mais qui parfois partagent ses sentiments et essaient de faire d’elle un membre à part entière de leur cercle. Ada va néanmoins vivre des évènements particulièrement difficiles, tout en assumant la charge que cela impose. On ne peut que l’admirer et rester rivé au bouquin, alors qu’au fond de nous, l’empathie est là, et qu’on ne peut rester indifférent à ce qui se produit pour elle.

Avec ce roman, le dépaysement est total. Les impressions par rapport au climat, aux conditions de vie, aux échos historiques dans d’autres parties du monde… c’est vraiment comme si le lecteur était en Afrique du Sud et observait avec Ada ce monde si étrange qui change d’un seul coup, prend une direction inattendue. Avec nos repères européens, on apprend à lire tout ceci avec un autre recul, à voir les choses autrement, et j’apprécie beaucoup le changement de perspective. Sans compter que les descriptions des lieux m’ont donné l’impression d’y être !

On sent réellement un travail de recherche et de composition de la part de l’auteur : elle le précise d’ailleurs à la fin de son roman, dans les remerciements. Chaque détail semble pensé, peaufiné, pour assurer un voyage en douceur mais avec de solides bases au lecteur. Sans parler de la musique ! Soyons clairs, je déteste le classique, mais j’aime le piano et voir toutes ces références aux morceaux de divers compositeurs m’a beaucoup plu. Cela offrait aussi une autre dimension riche et originale à ce bouquin déjà bien dense.

Au niveau de la plume, Barbara Mutch a su offrir à son lectorat une plume évolutive. Elle a fait d’Ada sa narratrice, depuis sa plus tendre enfance jusqu’à la fin de sa vie. À chaque page, le style reste le même, en s’imprégnant des leçons apprises. Les phrases deviennent plus affirmées, les doutes ou les certitudes s’installent… cette plume est assez impressionnante, en fait. Très douce et envoûtante, je suis assez charmée !

Quant aux valeurs, je pense qu’on peut en dire beaucoup. La première est cette notion de différences entre Noirs et Blancs, qui nous paraît incongrue, violente et contre laquelle nous avons envie de nous soulever. La notion de justice apparaît clairement, d’égalité, de fraternité et surtout d’humanité. Ada est souvent obligée de choisir son camp, et c’est celui de l’amour qu’elle prend. L’amour de sa fille, de ses proches, notamment. On apprend le pouvoir des idées, le pouvoir de la musique, en bref, le pouvoir de chacun. L’amour est présent, l’espoir aussi, et c’est ce qui fait de ce roman un beau rayon de soleil malgré les épreuves auxquelles nous assistons.

En conclusion, Une chanson pour Ada est un superbe roman qui m’aura transportée en Afrique du Sud, auprès d’une femme qui aura vécu une vie parfois difficile, mais qui a aimé et espéré toute sa vie. Le contexte culturel et géographique est fascinant, Ada est une héroïne forte et pourtant avec des défauts, humaine, en somme, que beaucoup devraient apprécier. Elle m’a en tout cas beaucoup touchée, et j’ai passé un excellent moment de lecture en sa compagnie ! Les valeurs véhiculées sont belles…
Enfin bref, je vous le conseille largement et ce sera un 18/20 pour moi !

lundi 28 novembre 2016

Piégés (Christy Saubesty)

Londres, 1853.
Aaron Wendell, riche héritier à la réputation sulfureuse, n’imaginait pas que sa vie serait bouleversée par une banale partie de campagne. Pas plus que la jeune Abigail Fischer, qui pensait avoir connu suffisamment de drames pour toute une vie.
Dans leur dos, les jalousies s’exacerbent et dans l’ombre, l’ennemi les guette…

Parlons donc de cette chouette lecture commune faite avec April, the seven ! C’est toujours un vrai plaisir de partager ses ressentis lecture avec elle, surtout quand le bouquin vous embarque !

Piégés est l’histoire d’Abigail Fischer, fille de médecin aveugle des suites d’un tragique accident survenu dix ans plus tôt, qui lui a retiré aussi sa mère ; mais aussi d’Aaron Wendell, jeune homme libertin qui n’envisage pas le moins du monde de se poser un jour. Leur rencontre, incongrue et pleine de malentendus, va les mener dans une situation qu’aucun des deux n’aurait imaginée…

J’avais déjà lu un roman de Christy Saubesty : Laurette et les petits bonheurs de la vie, et je me souviens avoir beaucoup apprécié mon escapade livresque. Je pensais bien aimer Piégés à son tour ! Tous les ingrédients étaient réunis : le contexte historique, une héroïne un peu atypique, le genre romance… et effectivement, j’ai passé u très bon moment de lecture.

Le roman commence par la funeste nuit qui ôta la vue à Abby. Cela nous permet de mieux comprendre les évènements par la suite et surtout les animosités de certains personnages à l’encontre d’autres. De fait, vous aimez ou détestez certains d’entre eux assez rapidement : le ton est donné.

Puis, vient le temps présent du roman, avec la rencontre impensable entre Aaron et Abigail, qui va se reproduire dans un tout autre cadre et totalement changer la donne de leur relation. En fait, ce roman nous induit dans une intrigue faite de pas mal de concours de circonstances, où chacun doit assumer les conséquences de ses actes, y compris des conséquences qu’il n’avait pas du tout imaginées. J’ai beaucoup aimé ceci : les protagonistes ne se défilent pas, et avancent quoi qu’il advienne.

Ah, parlons-en, des personnages. Aaron et Abby ont tous deux des caractères forts et par moment butés, c’est un fait. Pour les lecteurs, c’est aussi agréable que frustrant, parce que les quiproquos sont vite arrivés et que la tension qu’instaure Christy Saubesty ne nous laisse pas indifférent. Pourtant, c’est aussi ça qui rend le récit addictif. Pour en revenir à Aaron, par exemple, il a parfaitement conscience de ne pas être un modèle à imiter, toutefois, il s’en contrebalance assez férocement. Jusqu’au jour où il rencontre Abigail, et son comportement va peu à peu changer. Sa relation avec sa petite sœur va aussi le transformer, et c’est chouette à lire. Abigail, quant à elle, est déterminée, bien qu’innocente et parfois même inconsciente. Son manque de confiance en elle a fait écho en moi, et je pense que d’autres se retrouveront aussi en elle.

Pour autant, aucun n’est enfermé dans un carcan et tous les personnages évoluent, qu’ils soient secondaires ou principaux. L’auteur réussit à offrir à chacun une psychologie propre, offrant une profondeur intéressante au roman. Comme nous avons aussi pu en discuter avec ma partenaire de lecture commune, les personnages secondaires ne sont pas là pour mettre en valeur le héros : ils sont des éléments importants de l’histoire et de l’intrigue, véritablement acteurs qui peuvent débloquer des situations. Du coup, ça nous laisse penser à une suite les concernant, ce qui n’est pas pour me déplaire !
Et si je dois m’attarder sur le méchant de l’histoire (ou la méchante, je ne dirai rien), je peux avouer qu’il y a des baffes qui se perdent, quand même.

Côté intrigue, romance et tout, j’ai été heureuse de constater que la romance tenait la place centrale, sauf que d’autres choses, nouées plusieurs années auparavant, jouaient sur l’instant narré. On aurait dit les fils emmêlés d’une pelote de laine qui enfin, se détendait pour être réarrangée. Niveau romance en elle-même, j’ai été accrochée, je ne voulais plus lâcher le bouquin, surtout que rien n’est simple et que l’auteur prend son temps pour faire monter la pression avant de compliquer toute la relation d’un joli coup de plume. Aaron et Abigail forment un couple d’exception et on aime les suivre, vraiment. Évidemment, pour ce qui a été des scènes osées, j’ai trouvé qu’il y avait trop de détails, mais ça devient une habitude chez moi, et je pense ne jamais m’y faire. Il n’y en a pas à outrance non plus, et Christy Saubesty a réussi à faire du sujet une thématique intéressante à traiter dans le récit.

Concernant la plume, j’ai beaucoup aimé le style, qui restait accessible, toutefois m’a semblé collé à l’époque aussi. C’était fluide, entraînant, prenant, passionnant parfois… et puis d’un coup, au détour d’une phrase, on voit que notre auteur sait très bien manier et les fils de son histoire, et nos propres émotions. C’est une des raisons pour laquelle j’ai décidé de sucrer un peu de ma nuit de vendredi à samedi… j’étais trop immergée dans l’histoire pour en décoller.

Abordons l’aspect des valeurs du roman. Le courage et la détermination sont présents, l’amour aussi, bien que le chemin soit un peu différent : il survient plus tard. Si le lecteur le remarque assez tôt, il est nommé par les personnages après une longue suite d’évènements. On retrouve aussi le sens de la justice, l’honnêteté, la confiance en l’autre (et surtout dans une relation aussi importante que celle du mariage), mais aussi la fidélité… en fait, dans un bouquin qui aborde la notion de mœurs à n’importe quelle époque, vous avez forcément celle des valeurs qui ressort, et dans Piégés, je trouve que Christy Saubesty a réussi à faire passer de beaux messages.

En conclusion, Piégés a été une très bonne lecture, bien addictive et avec une jolie histoire d’amour. Le contexte historique était très agréable, sans parler de la notion de déficience sensorielle que je n’ai pas abordée dans ma chronique, mais que j’ai suivi avec intérêt (formation oblige) durant ma lecture. L’intrigue est bien ficelée, le rythme est présent, Christy Saubesty a une belle plume, sait jouer avec nos émotions, bref, c’est une vraie réussite et une lecture que je conseille !
Ce sera donc un 18/20 pour moi !

Et pour les petits curieux, voici la chronique d'April, the seven !