lundi 20 février 2017

Le Jugement des Six (Melissa Haag)

Tome 1 : Hope[less]

Le cerveau de Gabby fonctionne comme un véritable radar, ce qui s’avère très pratique pour éviter les gens. Surtout les hommes. Ils semblent tous un peu trop l’apprécier. Sa différence l’a rendue solitaire, mais elle s’y est habituée. Plutôt bien. Même si, au fond, elle regrette de ne pas savoir pourquoi elle est différente des autres.

En quête de réponses, elle découvre alors une communauté secrète de loups-garous. Elle va s’immerger dans leur culture et apprendre à connaître leur monde, jusqu’à sa rencontre avec Clay. Il est négligé, sujet à des sautes d’humeur, intense sans avoir besoin d’ouvrir la bouche, et il croit que Gabby est faite pour lui.

Elle va devoir employer tous les stratagèmes possibles pour convaincre Clay de s’en aller, et toute sa volonté pour ne pas tomber amoureuse de lui en découvrant peu à peu l’homme qui se cache sous des abords aussi frustes.

Avec Hope[less], le premier tome de la série Le Jugement des Six, plongez dans le monde captivant des loups-garous, où les jeunes femmes sont douées d’aptitudes inexpliquées.

Et si je prenais le temps de taper mon avis sur une lecture agréable et plutôt originale ? Mh, je crois que je ferais bien.

Gabby est une jeune femme qui n’est pas tout à fait comme les autres : elle semble attirer les hommes d’une façon unique et dérangeante. Impossible pour elle de passer inaperçue, et éviter les regards et les propositions indécentes est devenu sa spécialité. Ajoutez à cela une capacité à voir les êtres avec des halos de couleurs spécifiques, et vous comprendrez que cette jeune femme se pose beaucoup de questions. Aussi, lorsqu’elle rencontre Sam et la communauté de loups-garous dont il fait partie, elle voit l’occasion d’en découvrir plus. Seulement, son entrée dans ce monde signifie désormais aussi son appartenance, et elle va devoir trouver son partenaire… à son corps défendant. Mais désormais que Clay l’a trouvée, il n’est pas prêt de la lâcher. Gabby saura-t-elle résister ?

Alors si vous pensez comme moi que ce roman va vous offrir une romance toute choue, avec des saltos dans vos émotions, faites bien attention. Je ne peux pas dire que c’est faux, sans pour autant affirmer non plus que c’est vrai. Il y a bel et bien une romance, qui sort totalement du cadre habituel. Elle prend véritablement son temps, évolue sans même que l’on s’en rende compte, et il n’y a quasiment rien de torride ou de sensuel dans son contenu (là, par contre, je trouve ça chouette).

Replonger dans un univers de loups-garous était un pari risqué, mais j’avoue avoir été piquée de curiosité. Déjà avec le résumé, mais aussi avec toute la société qui est présentée dans ce tome 1. Les règles établies sont uniques, et le mode de fonctionnement me pose des questions, j’aime bien. Puis, on est loin de Twilight et compagnie, ce qui est loin de me déplaire ! Le côté surnaturel des aptitudes de Gabby ajoute une touche vraiment intéressante, dont on ne soupçonne pas encore tout à fait la portée, d’ailleurs.

Les personnages ? J’ai bien apprécié Gabby, justement, qui essaie de mener sa barque en faisant de son mieux, alors qu’elle est cernée et qu’elle n’a jamais vraiment eu de liberté. Ses aspirations sont normales, communes à beaucoup d’entre nous, et son refus d’accepter un compagnon comme Clay est tout à fait compréhensible. Elle est déterminée, têtue, mais sait se remettre en question. Elle est agréable à suivre, et je pense qu’elle nous réserve de belles surprises par la suite.
Quant à Clay, je dirais que je me suis attachée à lui, mais en surface. Si je l’apprécie aussi, le fait qu’il passe la plupart de son temps sans rien dire et sous une forme animale rend difficile une appréciation sur son caractère. J’ai cependant levé les pouces bien haut pour sa persévérance, sa douceur et son sale caractère. Je pense que je l’apprécierai plus dans la suite, s’il se dévoile sous un jour plus humain.
Avec eux, il y a aussi Sam, la coloc de Gabby, et d’autres personnages que nous rencontrons plus ou moins régulièrement. Tous ont un petit quelque chose qui rend le récit assez sympathique à suivre, dans un contexte assez bien étoffé.

Au niveau de l’intrigue, je ne vais pas dire que j’ai été déçue de ce premier tome, non. Disons plutôt que j’en attendais plus d’addictivité. J’ai été trompée par le commentaire d’Ednah Walters, qui sait transformer ses propres récits en des bouquins qui vous coupent le souffle à chaque fois. Le récit de Hope[less] est d’un genre différent, qui prendra sa pleine mesure et son ampleur avec les tomes suivants, j’en suis persuadée. Le tome 1 semble plus une façon de poser les bases, de nous introduire dans un monde différent, et ce n’est pas déplaisant ! C’était juste différent de ce que j’attendais.

La plume de Melissa Haag est plutôt simple, fluide, et elle dépeint plutôt bien les émotions, les décors et les interactions de son histoire. Gabby nous apparaît dans son caractère entier, et j’ai apprécié que la plume se colle à sa personnalité. À voir ce que ça donnera dans le tome 2 ! J’avoue tout de même que son imaginaire est clairement original et que ce changement est loin d’être désagréable. Je me demande bien ce qu’elle nous réserve pour la suite, vu ce que nous découvrons à la fin de ce tome 1, et au vu du titre de la saga !

Les valeurs ? Je crois que le personnage de Gabby nous montre que l’amour est à la fois une question de choix et d’abandon. Si elle lutte contre son attirance pour Clay, il y a quelque chose en plus qui nous démontre qu’une histoire d’amour est plus que cela. C’est la confiance qui s’installe, c’est la fidélité, c’est oser aller plus loin que les apparences, parfois même contre soi-même. Mais c’est un mal pour un bien, quelque part ! Gabby nous montre aussi le poids que la société peut nous imposer avec ces règles qui la limitent franchement. Elle incarne un bel idéal d’indépendance, de refus de soumission à la fatalité, et son évolution est agréable à suivre.

De fait, Hope[less] aura été une lecture sympathique pour moi ! Si j’en attendais autre chose, le dépaysement est loin de m’avoir déplu, même si j’aurais désiré quelque chose de plus addictif. L’intrigue prend son temps, l’imaginaire est original et devrait prendre une ampleur que je suis curieuse de découvrir dans la suite. Les personnages sont attachants, intéressants, même si je suis encore un peu sur la réserve avec Clay. J’attends beaucoup de son côté humain pour le tome 2, c’est clair, et de la romance en elle-même !
En bref, ce sera un 16/20 pour moi et je le conseille, c’est du loup-garou, mais…. Tellement plus encore !

lundi 13 février 2017

Hors de portée (Georgia Caldera)

Sa spécialité ? Fuir toute relation. Et on peut dire que Scarlett est docteur ès « disparition au petit matin ». Inutile de lui parler relation sérieuse, confiance et stabilité, elle en est incapable. Si investissement il y a, c'est dans la société de décoration d'intérieur qu'elle vient de créer avec sa cousine, ancienne mannequin déjantée, et qui lui prend le plus clair de son temps. Pourtant, face à son nouveau client, le très entêté et séduisant M. Mufle-Connard, plus connu sous le nom d Aidan Stern, le savoir de Scarlett ne lui sera d'aucun secours. Mais parviendra-t-il vraiment à guérir les blessures du passé ?

Parlons peu (ou pas), mais parlons surtout bien d’une romance que j’ai dévorée en deux jours. Cela faisait un moment que je n’étais plus tombée sur un bouquin qui m’empêche de bosser à force d’addiction !

Scarlett n’a pas confiance en la gent masculine. Si elle offre leur chance à quelques hommes parfois, elle est incapable de passer une nuit entière avec l’un d’eux. Jamais. Son seul engagement est professionnel, puisqu’elle dirige avec sa cousine une boite de décoration d’intérieur, dans laquelle elle se plaît beaucoup. Néanmoins, c’est par ce biais qu’elle va rencontrer Aidan Stern, un homme qui va complètement révolutionner sa vie, ses pensées… mais pourra-t-il la faire changer ?

Moi qui avais tellement aimé l’histoire de Sonia et Axel, j’ai largement profité de la promotion Amazon pour l’ebook de Hors de portée ! Et je pense sincèrement que j’ai bien fait, parce que si j’ai quelques ombres au tableau, l’ensemble est très positif ! L’histoire m’a transportée du début à la fin !

Dès le départ, on s’accroche à Scarlett, qui essaie de se montrer forte, fait de mauvais choix avec les hommes et est persuadée qu’elle ne trouvera jamais l’amour de sa vie. Sa sensibilité nous touche rapidement, parce que si elle se soumet à cette sorte de fatalité, elle n’en reste pas moins pleine de ressource et de caractère. Même face à Aidan, bien qu’elle soit souvent désemparée, elle saura lui présenter quelques facettes de sa personnalité plutôt forte !

À dire vrai, comme dans Hors de question et Hors de contrôle, nous rencontrons un couple formé de personnages intrigants, avec un vrai passé peu évident derrière eux, fascinants par leur relation et par leurs caractères atypiques. Aidan intrigue dès le départ, et produit chez la lectrice autant d’attirance et de fascination que parfois d’inquiétudes et de doutes. Aidan et Scarlett forment tous deux un ensemble dont l’alchimie est évidente dès les premières lignes de leur rencontre. Sauf que le reste est loin d’être évident, et c’est là que ça devient compliqué pour nous de lâcher le roman.

Personnellement, j’avoue que la relation de couple m’a franchement accrochée. Je voulais savoir comment ça se déroulerait, quel parcours s’effectuerait pour les deux, bref, j’étais à fond dans leur histoire. Aidan m’a parfois inquiétée et presque effrayée, tout comme Scarlett, et pourtant, Georgia Caldera parvient à nous faire comprendre que ces extrêmes atteints sont plutôt des mouvements passionnés et désespérés. Je ne dis pas que je voudrais un chéri comme ça, mais là, en l’occurrence, je suis restée fascinée par le duo.

En revanche (et je sais que les habitués de mes chroniques sauront de suite ce que je vais aborder), l’érotisme du roman m’a vraiment paru trop. Je n’ai rien contre des montées de température, et s’il y a des scènes plus explicites, mais là, pour moi, c’était sincèrement trop. Entre la magie de la plume de Georgia Caldera, qui met autant son lecteur (ou sa lectrice) que ses personnages à vif concernant les sentiments, et les scènes trop détaillées, j’avoue que j’ai fini par ressentir un malaise certain. Cela n’a rien enlevé à la beauté et à l’unicité de l’histoire d’amour que je dévorais, mais j’avoue que j’ai survolé un certain nombre de pages. C’était trop gênant pour moi. Après, j’aurais pu me renseigner plus avant sur la nature du roman, mais ma curiosité a été la plus forte, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

Cela dit, comme je l’ai dit, si je ressors de cette lecture avec ce malaise dû aux scènes érotiques trop présentes pour moi, l’histoire d’amour en elle-même m’a comblée. L’histoire va vite, et pourtant nous avons l’impression que l’auteur prend son temps pour développer les sentiments et ses idées. Son intrigue ne ressemble nullement à de la va-vite ! C’est franchement appréciable, et encore une fois, cela suppose un véritable travail des personnages et de leurs caractères, qui sont juste incroyables.

En plongeant dans Hors de portée, Georgia Caldera nous offre une palette d’émotions violentes mais très belles. Sa plume est très fluide, addictive et tout nous paraît d’une couleur vive. On ne peut pas rester indifférent, du moins, chez moi, c’est difficile. Elle sait capturer la pensée et les difficultés de ses personnages avec quelques mots justes, et c’est passionnant ! Sans compter que les temps morts n’existent pas vraiment, entre ces pages, ce qui est aussi un gros avantage.

De plus, comme dans Hors de question, les personnages portent des fardeaux compliqués. Leur passé n’est pas fait de bouquets de roses, et j’ai apprécié la manière dont tout était abordé, même si au final, il est passé sous silence quelques petites choses du côté de Scarlett. On prend ça pour une pudeur de la douleur, en quelque sorte, mais j’avoue que j’aurais voulu en savoir un peu plus. Cela dit, il y avait déjà bien assez à traiter en dehors de ça !

Concernant les valeurs de cette incroyable histoire d’amour, on pourrait dire que l’amour surpasse tout, les craintes, en premier. Si Aidan est parfois presque violent, son amour le rend touchant. Un peu flippant, mais touchant. On parle aussi de rédemption par l’amour, d’envie de devenir meilleur… et de faire face à ses problèmes. On ne peut pas fuir éternellement. Et puis, si la violence est présente, elle n’est jamais dirigée envers l’objet de l’amour, et pour ça, je trouve ça très beau, vraiment comme si l’amour était la lumière qui chasse les ténèbres. Je plussoie à 2000% !

En conclusion, Hors de portée est passé non loin du coup de cœur. Les scènes beaucoup trop érotiques pour moi ont généré un malaise que je ne parviens pas tout à fait à surmonter. Cela dit, l’histoire de Scarlett et Aidan a ravi le cœur de la romantique que je suis. Ils sont atypiques mais leur alchimie est si belle, même si leur parcours est loin d’être évident. L’intrigue tissée par Georgia Caldera ne manquera pas de fasciner d’autres personnes encore après moi ! Cette auteure a un don pour mettre les émotions de ses personnages et de ses lecteurs à fleur de peau, c’est assez incroyable !
Ce sera donc un 17/20 pour moi ! Et je le conseille, évidemment ! Avec un petit avertissement pour les scènes explicites ;)

mercredi 8 février 2017

Déracinée (Naomi Novik)

Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du "Dragon". Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu...

Parlons donc de ce long roman qui aura été un pur voyage dépaysant !

Agnieszka est une jeune femme qui fait partie de celles que le Dragon pourrait choisir la prochaine fois qu’il viendra. Néanmoins, avec sa sale manie – et bien malgré – elle de finir salie, dépenaillée à force de parcourir champs et bois, elle sait très bien qu’elle ne partira pas. Non, tout le monde est persuadé, à son instar, que sa meilleure amie Kasia sera l’élue. Pour dix ans… Mais lorsque le Dragon arrive, à la surprise de tous, y compris du sorcier, c’est Agnieszka qui est choisie. Elle devra désormais servir le Dragon, et pourquoi pas l’aider à repousser le Bois, forêt infestée d’êtres sombres, et qui chaque année gagne un peu plus de terrain sur la vallée…

Alors, comme vous le voyez avec les deux résumés, ce bouquin est un roman de fantasy. Et pourtant, quand on fait un peu plus attention, on pense un peu aussi à certains contes, avec cette tour dans laquelle le Dragon vit et enferme la fille qu’il a choisie… et puis ce Bois, créature malfaisante qui gangrène la vallée… un peu plus et vraiment, on se croirait dans un des films que nous aimions regarder enfants ! Pour autant, l’univers est plus sombre, plus fouillé qu’un film de cet acabit.

Au tout début du roman, j’ignorais un peu à quoi m’attendre. Si le résumé m’avait titillée, la taille du bouquin me disait que j’allais rencontrer des tours et détours avant d’avoir le fin mot de l’histoire. Parce qu’en plus, le résumé correspondait à un chapitre de Déracinée ! Autant vous dire que j’étais lâchée dans l’inconnu total. Je ne comprenais pas, mais comme la lectrice curieuse que je suis, j’ai laissé l’histoire couler en espérant y comprendre quelque chose plus tard. Grand bien m’en a pris !

Nous faisons la rencontre d’Agnieszka, une jeune femme bien consciente de ses faiblesses et profondément attachée à son entourage, ainsi qu’à sa vallée. Elle se prépare depuis des années à la séparation avec Kasia, sa meilleure amie, sans trop y parvenir. Aussi, quand elle est embarquée à sa place, elle ne sait pas comment réagir. Elle n’y a pas été préparée. Elle va passer par toute une gamme de ressentis, avant de laisser émerger son véritable caractère : une femme forte, souvent têtue, qui malgré son ignorance, ne s’en laissera pas conter. Cette héroïne possède beaucoup de force en elle qu’elle ne l’imagine, et elle n’est pas au bout de ses surprises ! (le Dragon non plus, d’ailleurs)

Les autres personnages sont intéressants aussi. Inutile de dire que j’ai beaucoup aimé le Dragon, avec son air ronchon et peu amène, qui possède quand même un cœur. Kasia est aussi un personnage intéressant, auquel on peut s’attacher. Ça n’a pas trop été mon cas, même si j’ai apprécié l’amitié qui lie les deux femmes. D’autres personnages, comme Marek et Solya, ont généralement suscité agacement (voire plus, une envie de baffer ou de secousses abruptes assez prononcée) ou fascination, comme Alosha.

Le monde présenté dans Déracinée est un monde à la fois très innocent et très dur. On se retrouve comme dans ces contes, je vous le disais, où tout semble aller bien jusqu’à ce que tout aille mal. C’est à la fois comme si le Bois (menace existant depuis des centaines d’années) n’impactait pas la façon d’être des gens de la vallée, alors qu’ils vivent avec d’une façon assez particulière. Il émane une noirceur qui surgit parfois, et qu’on oublie souvent, jusqu’à ce qu’Agnieszka s’y oppose de plein fouet. L’ambiance est assez intrigante, pour ça, et j’ai beaucoup aimé.

Un point très positif aussi, c’est que ce contexte est très bien renseigné et riche. Entre les coutumes existantes, les mœurs de la cour plus loin, les différentes potions, les sorts aux sonorités imprononçables ou presque, et les descriptions de ce qu’on trouve dans le Bois, j’avoue que j’ai été subjuguée. C’est pas toujours tout mignon, mais il y a un vrai travail et on le sent. C’est super agréable, parce qu’on change vraiment de monde et on s’évade.

De même, l’intrigue prend forme peu à peu, et bien qu’avec le recul, on puisse la deviner assez facilement, j’ai apprécié de tout laisser venir sans anticiper. Bon, d’accord, j’avais anticipé l’accent romantique. Je l’avais espéré, surtout, fleur bleue que je suis ! En dehors de ceci, me laisser surprendre au fur et à mesure a été très chouette. Naomi Novik va au fond des choses, écrit de la vraie fantasy en tuant plein de personnages quand c’est nécessaire, sans pour autant que cela devienne trop sanglant. Il y a des moments un peu dégoûtants, difficiles, mais ce n’est pas ce que l’on retient de l’histoire. Non, ce qu’on retient, c’est le chemin d’Agnieszka, tout ce qu’elle a parcouru depuis le tout début et ce qu’elle parvient à accomplir. Fascinant !

Au niveau de la plume, je la trouve très fluide, très élaborée sans qu’elle devienne lourde. Naomi Novik réussit très bien à capturer l’essence de ses personnages pour nous les offrir en quelques mots, dans leur façon de parler, dans leurs contradictions et espérances. Elle nous révèle Agnieszka au fur et à mesure, comme si elle déployait un éventail, et je trouve que c’est la magie de son récit : elle sait doser ses éléments pour nous tenir en haleine. Et ne parlons pas des scènes d’action, qui avaient tendance à me laisser rivée au roman !

Concernant les valeurs, Agnieszka refuse souvent de se laisser aller à la fatalité. Dès le départ, elle cherche des solutions, refuse d’abandonner, et se met souvent en première ligne pour sauver d’autres personnes. Elle est un bel exemple à suivre, bien qu’il faille se dire que réfléchir avant d’agir, c’est bien, aussi. Malgré son manque de connaissances sur bien des points (notamment les règles de la cour), elle agit toujours selon son cœur, jamais avec de faux-semblants. Elle accepte sa destinée et continue d’avancer. C’est loin d’être évident, mais… de même, le livre nous délivre un message fort sur l’acceptation de ce qu’on ne peut changer, et la force (notamment d’esprit) qu’il faut avoir pour changer ce qui peut être changé.

En fin de compte, Déracinée aura été une super lecture pour moi. Un bon gros roman de fantasy, qui fait aussi penser à un conte, mais plus long, fourni et adapté aux adultes que ceux que nous écoutions enfants. Naomi Novik nous offre une histoire unique, de batailles et de persévérance, aux côtés d’Agnieszka, une héroïne imparfaite et pourtant épique. Un vrai voyage qui saura charmer d’autres cœurs que le miens, c’est sûr !
Ce sera donc un 18/20 pour moi et je vous le recommande chaudement !